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Dîner de prédateurs

Ajouté le 17/9/2006


Nécropole impie et festin d’esthètes

Remarque préalable : le RP qui suit, découpé en trois parties, a été écrit conjointement avec Faerendel.

La vallée était noyée dans une étrange brume, épaisse et âcre, gênant la respiration des vivants et oppressant presque physiquement tout voyageur égaré en ses méandres. On distinguait de ça et de là des silhouettes sombres et larges ainsi que des tentes de cuir épais se dressant au creux de la vallée, en un improbable campement, plus silencieux que la mort elle-même. Entre ces tentes se dressaient les carcasses brûlées de grandes plantes étranges dont l'aspect fut sans doute jadis menaçant. Perdurant malgré leur désolation, ces formes colossales donnaient un aspect étrange au campement. La Comtesse Sniejana de Rotislava et son escorte traversent le campement silencieux, peuplé de silhouettes orcoïdes traînantes, à la peau noire et aux yeux verts luminescents, vaquant à leurs tâches comme si les voyageurs n'étaient pas là. La comtesse suit les messagers de cendre vers un bâtiment en bordure du campement fantôme, un édifice cyclopéen partiellement excavée du sol : manifestement une large et antique nécropole. Elle regarde avec une fascination discrète les terres sombres dont tant de seigneurs lui ont parlé. Elles seraient celles qui auraient abrité les événements qui auraient causés son réveil.

Pendant que la comtesse contemple la bâtisse qui déchire la brume par l'agressivité qui se dégage de l'architecture ou de l'aura étrange qui l'entoure, les cinq guides se dirigent droit vers l'immense entrée un seuil d'une douzaine de mètres de large encadré par d'immenses bas reliefs représentant des batailles opposants des hordes de morts vivants à des armées hétéroclites, de race indéfinissable. Sur leurs pas, la comtesse marche sans un bruit, son chat Aliosha suivant à ses côtés le sillon de la démarche angoissante des orcs. Elle sent l'excitation pointer en elle, par ce qu'elle va découvrir à l'intérieur.

L'intérieur du tombeau est illuminé par des torches accrochées aux murs, qui diffusent une étrange lueur verdâtre dans l'atmosphère sèche et poussiéreuse de l'édifice, en dépit de la propreté irréprochable des lieux. Sniejana laisse glisser ses doigts le long des murs. Elle sourit étrangement en voyant la couleur des flammes qui n'a rien de naturelle : les mortels prendraient cette couleur pour celle de la mort elle-même, du malheur, annonciatrice de la venue du grêlé ou de la Faucheuse ... Mais pas pour celle de ce monde où les cris de souffrance et de désespoirs sont une mélodie à ses oreilles. Une fois engagé dans la succession de spacieux corridors et de vastes halls, on devine que le bâtiment est bien plus grand que l'aspect extérieur ne le laissait supposer. Les cinq guides de la Comtesse l'entraînent au travers des couloirs, puis la procession descend deux étages par le biais d'escaliers titanesques, eux-mêmes suivis par une succession de corridors. L'équipée finit par arriver dans une pièce immense : point un simple hall mais une véritable chambre, dont la lueur des torches vertes ne permet pas d'embrasser les dimensions réelles. Au fond, se dresse une immense statue de métal, derrière laquelle le mur n'est qu'une immense porte à doubles battants dont on peut à peine deviner l'effroyable poids. Ces portes sont étrangement entrouvertes. Au centre de la zone éclairée se trouve une table drapée d'une nappe blanche, avec une multitude de plats et des esclaves attachés à la colonne la plus proche. Færandel est avachi sur un fauteuil et regarde pensif une coupe de vin.

La vampire salue brièvement les cinq orcs morts-vivants à titre de remerciement, puis se dirige vers l'elfe qui a eu l'amabilité de l'inviter elle ainsi que le comte de Rotislava. Elle avance gracieusement sans un bruit jusqu'à paraître devant lui, ses lèvres esquissant un sourire envoûtant. Sans le quitter des yeux, elle entreprend une révérence tandis que le barde, s'étant levé à l'approche de son invitée, s'incline rapidement, le temps d'un chaste baisemain.
« Bonsoirrr messirrre Færandel. Kss … Voilâ oune trrés belle demeurrre …
- Soyez la bienvenue en ces lieux, Comtesse, même si ce n'est pas, à proprement parler, ma demeure. Ma ourte de commandement a été détruite il y a bien longtemps et je pensais que ce cadre vous conviendrait davantage. »

Un mouvement à peine perceptible des yeux de la vampire en direction des esclaves trahit l'intérêt qu'elle leur porte, mais elle reprend innocemment la parole avec sa voix suave :
« Ce câdrre est en effet pârrfait ... Il y rrrégne oune énerrgie qui me plait ... Je vois que vôus âvez prrépârré un festin ...
- En effet, répondit l'elfe en guidant la Comtesse vers la table. J'ignore si vous avez goût pour les mets alimentaires ou si vous préférez ne consommer que du vivant. J'ai pourvu aux deux, dans le doute ... »

Ce faisant, Færandel l'invite d'un geste fluide à prendre place à la table. Mais, délaissant cette invitation, elle commence à déambuler dans la salle, passant et repassant face à la ligne d'esclaves qui pue la peur, la pure terreur. Ce parfum est si doux, si enivrant qu'elle sent le désir monter en elle … La comtesse se retourne alors vers le barde, un sourire aux lèvres.
« Je vôus rremerrrcie … ksss j'aime sourrtout la nourritourre vivante ... mais Aliosha ferrâ honneurr â cette nourritourre môrte ... ksss. »
Tout en s'installant lui-même à la table, le barde fait émerger du festin quelques plats de poissons, découpés en bouchées adaptées à la morphologie d'Aliosha pendant que la comtesse regarde un des orcs qui se dirige vers elle lorsqu'elle tend nonchalamment son manteau de voyage avant de prendre place à la table. Elle reste à observer sans un mot Færandel, scrutant ses faits et gestes, les expressions de son visage.

« La route n'a pas été trop longue, j'espère ? Ce continent est un peu isolé, il est vrai. Et peu de personnes ont le coeur à s'y rendre. » dit le barde, afin de lancer la conversation par quelques banalités de bon aloi. La vampire laisse un léger silence s'installer avant de finalement répondre :
« La rroute est en effet longue ... mais celâ ne me dérrange pâs, sourrtout parr ce que je peux y découvrrirr ... » La comtesse sort une pointe en or de son décolleté et commence à la faire tourner dans ses doigts agiles, tout en terminant sa phrase : « … pourrrquoi m'avoirr fait l'hônneurr de découvrrirr cet endrrroit maudit ... je pense. »
Le barde hausse les épaules et garde le silence un instant, avant de répondre en regardant la Comtesse droit dans les yeux. « Est-ce un honneur ? Ou une malédiction ? Qu'importe. J'ai pensé que l'endroit serait propice aux discussions érudites que je souhaitais entretenir avec vous. Les récentes allégations d'Iryanna m'ont conduit à repenser aux vampires, à leur place dans l'histoire et aux évolutions qui ont marqué cette espèce si particulière. » La comtesse prend une coupe et en observe la finesse avant de se lever tout en répondant à son hôte : « Pourr moi, c'est un hônneurr … Tout ce qui peut êtrre oune malédicâtion aux yeux des morrtels n'est qu'un heurreux événement pourr moi … kss ... »

Sans manifester de réaction en entendant évoquer le nom d'Iryanna, elle se dirige vers les esclaves, son visage angélique ne dévoilant en rien la folie qui siège en elle. Elle caresse les visages grimaçants de terreur, puis finalement se penche vers un homme au teint halé et respire délicatement sa peau. Elle s'éloigne doucement de lui et choisit finalement une femme qui semble ne pas avoir connu le goût des étreintes passionnées. Sniejana lui attrape le cou et approche ses lèvres de son oreille pour lui susurrer : « Ne crraignez rrien de moi, je ne souis pâs si méchante ... kss je vais vous laisser vôtrre âme de poucelle. » A ces derniers mots, elle enfonce sa pointe dans la jugulaire de la pauvre femme, traversant de part et d'autre la gorge. L'esclave s'étouffe dans le sang qui lui inonde les poumons, elle fixe avec un regard exorbité la comtesse qui sourit de contentement et qui porte sa coupe pour le remplir du nectar vital et carmin, puis finit par lécher le reste de sang qui inonde le cou de la jeune femme. « Je n'ai pâs envie de vôus entendrre vôus étouffer ... Ksss ... » Avec un geste d'humeur, la comtesse plante sa pointe dans les cervicales de l'esclave puis revient vers le barde.

« Pourrrquoi vôtrre âmante n'est-elle pâs âvec nous ? Elle auurrait pou vôus dônner aussi ses points de voue sourrr les vampirres ... ksss.
- Elle a assez mal pris cette invitation et elle a ensuite refusé de se joindre à nous, répondit le barde avec un sourire étrange. J'ignore comment vous avez présenté la chose au sein du Conseil, mais ça a l'air d'avoir stimulé son ... imagination. Et ses craintes ! Mais … en parlant de point de vue, quel est donc le vôtre ? Les vampires, leur origine, leur destiné, leur place en ce monde ? » ... Ce disant, l'elfe se sert une grappe de raisin et commence à la picorer grain après grain.
« Hahaha ... Vôus sâvez mes pârroles sont pârrfois un mystèrre, commença la vampire en goûtant un peu de sang. Kss … Châcun y voit ce que ses fantasmes, ses crraintes, sa haine trrransmettent ... ksss je souis un peu cômme oune exorrciste des pâssions qui dévôrrent les corrps et que les esprrits rrefoulent.
- C'est précisément pour cette raison que je vous pose cette question. Je suis un séide : les fantasmes, les craintes et les haines ne m'intéressent pas. Seuls les faits m'importent !
- Bien ... Les faits sont souvent âccompâgné pârr les pâssions ... kss C'est oune errreurr â mon âvis de nier tout ce que la colèrrre, la haine, l'âmourrr peut engendrrer ... Manipouler ces émotions perrmettent d'arriver â de grrandes chôses ... ksss J'ai prrrévenou mâ soeurr de rrâce Lancwen que j'âllais peut-êtrrre attirrer des ennouis au Conseil pârr mâ fâçon et mon môde de vie. Avec un sourire, elle termina : celâ est vite ârrivé ... âvec Iryanna ... kss. Vôus sâvez, je souis âssez séverre âvec mâ rrâce ... J'ai oune idée pârrticoulièrre … dit-elle en regardant en hôte tout en affichant un sourire sadique. Vôus voulez rrréellement cônnaîtrre mon point de voue ?
- Ma foi ... oui. Vous avez l'habitude d'avoir des points de vue intéressants. Celui ci devrait l'être d'autant plus » ajoute le barde avec un sourire. La vampire pose lentement son verre et caresse son chat tout en plantant son regard glacé dans celui du barde. Par un étrange mimétisme, Færandel caresse son koala à dents de sabre, pour l'apaiser ... Ce dernier a l'air étonnamment vigilant par rapport à son air habituellement hébété …
« Je veux que le monde souffrrre ... ksss Je veux manipouler, prrovoquer … kss Je veux les voirr pleurrer, hourrler. Hahaha, si seulement vôus pouviez sentirrr ce qui se dégage des corrps quand toutes ces émotins se libèrrrent ... ksss Celâ me rremplit de fôrrce ! »

La vallée était noyée dans une étrange brume, épaisse et âcre, gênant la respiration des vivants et oppressant presque physiquement tout voyageur égaré en ses méandres. On distinguait de ça et de là des silhouettes sombres et larges ainsi que des tentes de cuir épais se dressant au creux de la vallée, en un improbable campement, plus silencieux que la mort elle-même. Entre ces tentes se dressaient les carcasses brûlées de grandes plantes étranges dont l'aspect fut sans doute jadis menaçant. Perdurant malgré leur désolation, ces formes colossales donnaient un aspect étrange au campement. La Comtesse Sniejana de Rotislava et son escorte traversent le campement silencieux, peuplé de silhouettes orcoïdes traînantes, à la peau noire et aux yeux verts luminescents, vaquant à leurs tâches comme si les voyageurs n'étaient pas là. La comtesse suit les messagers de cendre vers un bâtiment en bordure du campement fantôme, un édifice cyclopéen partiellement excavée du sol : manifestement une large et antique nécropole. Elle regarde avec une fascination discrète les terres sombres dont tant de seigneurs lui ont parlé. Elles seraient celles qui auraient abrité les événements qui auraient causés son réveil.

Pendant que la comtesse contemple la bâtisse qui déchire la brume par l'agressivité qui se dégage de l'architecture ou de l'aura étrange qui l'entoure, les cinq guides se dirigent droit vers l'immense entrée un seuil d'une douzaine de mètres de large encadré par d'immenses bas reliefs représentant des batailles opposants des hordes de morts vivants à des armées hétéroclites, de race indéfinissable. Sur leurs pas, la comtesse marche sans un bruit, son chat Aliosha suivant à ses côtés le sillon de la démarche angoissante des orcs. Elle sent l'excitation pointer en elle, par ce qu'elle va découvrir à l'intérieur.

L'intérieur du tombeau est illuminé par des torches accrochées aux murs, qui diffusent une étrange lueur verdâtre dans l'atmosphère sèche et poussiéreuse de l'édifice, en dépit de la propreté irréprochable des lieux. Sniejana laisse glisser ses doigts le long des murs. Elle sourit étrangement en voyant la couleur des flammes qui n'a rien de naturelle : les mortels prendraient cette couleur pour celle de la mort elle-même, du malheur, annonciatrice de la venue du grêlé ou de la Faucheuse ... Mais pas pour celle de ce monde où les cris de souffrance et de désespoirs sont une mélodie à ses oreilles. Une fois engagé dans la succession de spacieux corridors et de vastes halls, on devine que le bâtiment est bien plus grand que l'aspect extérieur ne le laissait supposer. Les cinq guides de la Comtesse l'entraînent au travers des couloirs, puis la procession descend deux étages par le biais d'escaliers titanesques, eux-mêmes suivis par une succession de corridors. L'équipée finit par arriver dans une pièce immense : point un simple hall mais une véritable chambre, dont la lueur des torches vertes ne permet pas d'embrasser les dimensions réelles. Au fond, se dresse une immense statue de métal, derrière laquelle le mur n'est qu'une immense porte à doubles battants dont on peut à peine deviner l'effroyable poids. Ces portes sont étrangement entrouvertes. Au centre de la zone éclairée se trouve une table drapée d'une nappe blanche, avec une multitude de plats et des esclaves attachés à la colonne la plus proche. Færandel est avachi sur un fauteuil et regarde pensif une coupe de vin.

La vampire salue brièvement les cinq orcs morts-vivants à titre de remerciement, puis se dirige vers l'elfe qui a eu l'amabilité de l'inviter elle ainsi que le comte de Rotislava. Elle avance gracieusement sans un bruit jusqu'à paraître devant lui, ses lèvres esquissant un sourire envoûtant. Sans le quitter des yeux, elle entreprend une révérence tandis que le barde, s'étant levé à l'approche de son invitée, s'incline rapidement, le temps d'un chaste baisemain.
« Bonsoirrr messirrre Færandel. Kss … Voilâ oune trrés belle demeurrre …
- Soyez la bienvenue en ces lieux, Comtesse, même si ce n'est pas, à proprement parler, ma demeure. Ma ourte de commandement a été détruite il y a bien longtemps et je pensais que ce cadre vous conviendrait davantage. »

Un mouvement à peine perceptible des yeux de la vampire en direction des esclaves trahit l'intérêt qu'elle leur porte, mais elle reprend innocemment la parole avec sa voix suave :
« Ce câdrre est en effet pârrfait ... Il y rrrégne oune énerrgie qui me plait ... Je vois que vôus âvez prrépârré un festin ...
- En effet, répondit l'elfe en guidant la Comtesse vers la table. J'ignore si vous avez goût pour les mets alimentaires ou si vous préférez ne consommer que du vivant. J'ai pourvu aux deux, dans le doute ... »

Ce faisant, Færandel l'invite d'un geste fluide à prendre place à la table. Mais, délaissant cette invitation, elle commence à déambuler dans la salle, passant et repassant face à la ligne d'esclaves qui pue la peur, la pure terreur. Ce parfum est si doux, si enivrant qu'elle sent le désir monter en elle … La comtesse se retourne alors vers le barde, un sourire aux lèvres.
« Je vôus rremerrrcie … ksss j'aime sourrtout la nourritourre vivante ... mais Aliosha ferrâ honneurr â cette nourritourre môrte ... ksss. »
Tout en s'installant lui-même à la table, le barde fait émerger du festin quelques plats de poissons, découpés en bouchées adaptées à la morphologie d'Aliosha pendant que la comtesse regarde un des orcs qui se dirige vers elle lorsqu'elle tend nonchalamment son manteau de voyage avant de prendre place à la table. Elle reste à observer sans un mot Færandel, scrutant ses faits et gestes, les expressions de son visage.

« La route n'a pas été trop longue, j'espère ? Ce continent est un peu isolé, il est vrai. Et peu de personnes ont le coeur à s'y rendre. » dit le barde, afin de lancer la conversation par quelques banalités de bon aloi. La vampire laisse un léger silence s'installer avant de finalement répondre :
« La rroute est en effet longue ... mais celâ ne me dérrange pâs, sourrtout parr ce que je peux y découvrrirr ... » La comtesse sort une pointe en or de son décolleté et commence à la faire tourner dans ses doigts agiles, tout en terminant sa phrase : « … pourrrquoi m'avoirr fait l'hônneurr de découvrrirr cet endrrroit maudit ... je pense. »
Le barde hausse les épaules et garde le silence un instant, avant de répondre en regardant la Comtesse droit dans les yeux. « Est-ce un honneur ? Ou une malédiction ? Qu'importe. J'ai pensé que l'endroit serait propice aux discussions érudites que je souhaitais entretenir avec vous. Les récentes allégations d'Iryanna m'ont conduit à repenser aux vampires, à leur place dans l’histoire et aux évolutions qui ont marqué cette espèce si particulière. » La comtesse prend une coupe et en observe la finesse avant de se lever tout en répondant à son hôte : « Pourr moi, c'est un hônneurr … Tout ce qui peut êtrre oune malédicâtion aux yeux des morrtels n'est qu'un heurreux événement pourr moi … kss ... »

Sans manifester de réaction en entendant évoquer le nom d'Iryanna, elle se dirige vers les esclaves, son visage angélique ne dévoilant en rien la folie qui siège en elle. Elle caresse les visages grimaçants de terreur, puis finalement se penche vers un homme au teint halé et respire délicatement sa peau. Elle s'éloigne doucement de lui et choisit finalement une femme qui semble ne pas avoir connu le goût des étreintes passionnées. Sniejana lui attrape le cou et approche ses lèvres de son oreille pour lui susurrer : « Ne crraignez rrien de moi, je ne souis pâs si méchante ... kss je vais vous laisser vôtrre âme de poucelle. » A ces derniers mots, elle enfonce sa pointe dans la jugulaire de la pauvre femme, traversant de part et d’autre la gorge. L'esclave s'étouffe dans le sang qui lui inonde les poumons, elle fixe avec un regard exorbité la comtesse qui sourit de contentement et qui porte sa coupe pour le remplir du nectar vital et carmin, puis finit par lécher le reste de sang qui inonde le cou de la jeune femme. « Je n'ai pâs envie de vôus entendrre vôus étouffer ... Ksss ... » Avec un geste d'humeur, la comtesse plante sa pointe dans les cervicales de l'esclave puis revient vers le barde.

« Pourrrquoi vôtrre âmante n'est-elle pâs âvec nous ? Elle auurrait pou vôus dônner aussi ses points de voue sourrr les vampirres ... ksss.
- Elle a assez mal pris cette invitation et elle a ensuite refusé de se joindre à nous, répondit le barde avec un sourire étrange. J'ignore comment vous avez présenté la chose au sein du Conseil, mais ça a l'air d'avoir stimulé son ... imagination. Et ses craintes ! Mais … en parlant de point de vue, quel est donc le vôtre ? Les vampires, leur origine, leur destiné, leur place en ce monde ? » ... Ce disant, l'elfe se sert une grappe de raisin et commence à la picorer grain après grain.
« Hahaha ... Vôus sâvez mes pârroles sont pârrfois un mystèrre, commença la vampire en goûtant un peu de sang. Kss … Châcun y voit ce que ses fantasmes, ses crraintes, sa haine trrransmettent ... ksss je souis un peu cômme oune exorrciste des pâssions qui dévôrrent les corrps et que les esprrits rrefoulent.
- C'est précisément pour cette raison que je vous pose cette question. Je suis un séide : les fantasmes, les craintes et les haines ne m'intéressent pas. Seuls les faits m’importent !
- Bien ... Les faits sont souvent âccompâgné pârr les pâssions ... kss C'est oune errreurr â mon âvis de nier tout ce que la colèrrre, la haine, l'âmourrr peut engendrrer ... Manipouler ces émotions perrmettent d'arriver â de grrandes chôses ... ksss J’ai prrrévenou mâ soeurr de rrâce Lancwen que j’âllais peut-êtrrre attirrer des ennouis au Conseil pârr mâ fâçon et mon môde de vie. Avec un sourire, elle termina : celâ est vite ârrivé ... âvec Iryanna ... kss. Vôus sâvez, je souis âssez séverre âvec mâ rrâce ... J'ai oune idée pârrticoulièrre … dit-elle en regardant en hôte tout en affichant un sourire sadique. Vôus voulez rrréellement cônnaîtrre mon point de voue ?
- Ma foi ... oui. Vous avez l'habitude d'avoir des points de vue intéressants. Celui ci devrait l'être d'autant plus » ajoute le barde avec un sourire. La vampire pose lentement son verre et caresse son chat tout en plantant son regard glacé dans celui du barde. Par un étrange mimétisme, Færandel caresse son koala à dents de sabre, pour l'apaiser ... Ce dernier a l'air étonnamment vigilant par rapport à son air habituellement hébété …
« Je veux que le monde souffrrre ... ksss Je veux manipouler, prrovoquer … kss Je veux les voirr pleurrer, hourrler. Hahaha, si seulement vôus pouviez sentirrr ce qui se dégage des corrps quand toutes ces émotins se libèrrrent ... ksss Celâ me rremplit de fôrrce ! »


 

 

 

Infantes du Marquis et infantes du Chaos

Le barde arrête un instant de tourner le vin dans son verre, après en avoir bu une gorgée ... Il reste ainsi quelques instants, à goûter méticuleusement le parfum du vin et celui de la réponse de la vampire.

« Je vois ... Il s'agit plus d'une manière de voir le monde que d'une opinion à proprement parler sur les vampires ... La voie de la souffrance donc ... » Le barde relève alors les yeux pour regarder la comtesse, afin de voir sa réaction : mais elle se contente de se lever et d'aller vers l'homme à la peau halée qui avait précédemment retenu son attention. Ses yeux de chat ne quittent pas le barde, qui la suit également du regard. Elle ne sourit pas, elle ne prend plus l'air trompeur qui abuse les victimes. Elle est elle-même, le gouffre profond des ténèbres, la puissance de la non-vie coule et vibre dans ses veines éternelles. Ses pupilles de plume ont pris la forme du disque parfait de la pleine lune. Une aura de danger, tangible, flotte autour d'elle. Son chat ronronne.

« Vôus voulez que je vôus montrre ... ksss? Rrregarrder ce que je souis et ce que d'autrrre vampirre rrejettent ? »

Quelque chose semble peu à peu se dégager du koala, invisible aux yeux de l'elfe et de la vampire ... Seul Aliosha se crispe soudainement, sentant confusément une présence étrange et antique planer sur les lieux, une créature taurine et tatouée qui contemple la scène et se prépare à intervenir. La tension est a son paroxysme lorsque Færandel répond d'une voix nerveuse : « L'endroit n'est hélas pas propice à la destruction et à la souffrance, Comtesse. » Une image s'impose brutalement à son esprit : Sir Ravendel de Keanor, retenu captif en ses lieux, torturé par le barde … D'une voix sombre, il chasse ce souvenir honteuse de sa conscience. « Il est des choses terribles qui ont dormi en ces lieux , des choses qui y sont encore peut-être liées. Des choses qui ont provoqué votre réveil ... »

La comtesse commence à caresser le torse de l'homme qui fut soulagé par les mots prononcés par le barde tandis qu'elle reprend son visage d'ange. Elle regarde avec un sourire enjôleur l'esclave et l'embrasse sur les lèvres tordues par la terreur. Puis retournant vers son hôte : « C'est dômmage, celoui-là était intérrressant ... ksss. C'est cômme vôus voulez ... Ce que je vois de la majorrité des vampirres, c'est qu'ils rrressemblent plous â de voulgairrres moustiques qui se vantent de souçoter un peu de sang ... kss Mais les entendrre pârrler de nôtrre rrâce est un soupllice ... Ils sont si insignifiants qu'un claquement de mains en finirrait d'eux ... kss !
- Si je puis me permettre une question personnelle, depuis combien de temps êtes vous morte ? »
Elle s'arrêta, puis s'installa de nouveau en face de Færandel :
« Mmm ... Vôus vôulez cônnaittrre l'âge d'oune dâme ?
- Pas exactement ! répondit l'elfe avec un grand sourire. L'âge d'un réveil serait l'expression plus appropriée. »
Sniejana lui retourne son sourire : « Dans ce câs je peux vôus rrépondrre ... ksss sans ambage. J'ai connou ces terres dans à lâ naissance de la lune 461 ... ksss Je ne sais pâs pourrrquoi je me souis rréveillée, le monde m'â âppelé semble-t'il … Je souis venoue. »

Le visage du barde prend alors une expression mystérieuse ... « Je peux sans doute répondre à cette question, Comtesse ... Et sans doute votre vocation à la souffrance et votre point de vue sur les vampires en général y sont liés ... Tout ceci est né ici, dans ce lieu où nous nous dînons présentement. Un lieu intéressant, n'est ce pas ? Nous nous trouvons actuellement dans le tombeau mystérieux, qui a été la source de bien des énigmes pendant la seconde croisade de Certadhil. »

La comtesse change de position gracieusement et plisse les yeux en fixant Færandel, trahissant ainsi le grand intérêt qu'elle porte à son interlocuteur. « Cet endrroit serrait un pôrrtail ? Continouez je vôus prrie.
- Un portail ? Pas exactement ! Il s'est avéré finalement que ce tombeau était celui de Kehan Olth, le ténébreux seigneur du Chaos, baigné dans les éthers d'Ulmara elle-même, source de tout ce qui a trépassé.
- Voilà pourrquoi je me sens si bien ici ... ksss il est l'essence …
- J'espère ne pas vous ennuyer avec cette histoire, mais je vais me permettre une petite digression ! L'origine des vampires est une chose passionnante. J'y ai consacré quelques années d'études, depuis la guerre de Certadhil. Les observations que j'ai pu faire à ce sujet sont assez étonnantes. Si on établit une typologie des vampires, on peut les classifier en deux catégories si je ne me trompe pas. Ceux qui sont nés d'un autre vampire et ceux qui sont nés d'un phénomène spontané, sans paternité manifeste : les affiliés et les spontanés, si vous me passez l'expression. »
Sniejana esquisse un sourire : « Oui c’est exâct
- Les 'spontanés' sont habituellement fort rares … Jusqu'à il y a dix ans, on les comptait sur les doigts d'une main. Tout juste le Marquis de Landroval - dont vous avez du entendre parler - la goule Zack, venue d’on ne sait où et quelques cas isolés. Mais depuis dix ans …
- Les 'spontanés' sont le frrouit d'oune morrt qui â regrroupé en son sein diverrs compôsants perrmettant cette rrrenaissance ... ksss Mais je ne comprrend pâs le rrappôrrt âvec moi ... »

Après une courte hésitation, le barde reprend avec un geste évasif. « Depuis 10 ans, les choses ont changé ! Kehan Olth a ressurgit du passé et a de nouveau foulé les terres de Daifen. Une coalition de seigneurs est venue sur ces terres pour le vaincre. Ils ont réussit à le vaincre, mains point à le terrasser. Kehan Olth s'est enfuit et depuis ère sur les continents, faisant naître de ça et de là des morts-vivants pour propager partout le Chaos et la souffrance. C'est alors que sont apparus massivement les morts-vivants et qu'ils ont convergés vers les continents. C'est alors que vous avez entendu cet 'appel' … »

Sniejana reste silencieuse, pensant à son réveil inexpliqué, puis pose une question à son interlocuteur : « Et Kehan Olth ... Pourrrquoi rrréeveille-t-il aussi ces moustiques ? »
Le barde hausse les épaules, se demandant lesquels des vampires la comtesse considère précisément comme des moustiques. « Je ne prétends pas comprendre la raison de son comportement. Mais je puis vous certifier que tout ceci est vrai ! Mon rôle de séide est de consigner les informations et de les diffuser à ceux et celles qui en ont besoin.
- Il veut peut-êtrre fairrre des vampirres serrvants ... ksss ils ne peuvent guère n'être outile qu'â çâ ...
- Après ... tout dépend des moustiques dont vous parlez ... Certains vampires n'ont rien à voir avec Kehan Olth. Désirez vous que je vous en parle ?

La comtesse reprend en main son verre de sang et s'installe confortablement.

« Ooui pourrquoi pâs ... ksss.
- Reprenons donc notre typologie : les spontanés, certes, mais aussi les affiliés ! Ceux là forment depuis 200 lunes une dynastie, issue d'un vampire des plus anciens et des plus puissants qui soient : le Marquis de Landroval. Les vampires affiliés n'appartenant pas à cette dynastie se comptent comme … comme les quelques grains de raisin que j'ai laissé sur cette grappe. Les origines du Marquis lui-même demeurent un mystère, mais c'est cette prestigieuse dynastie dont Lancwen est actuellement l'héritière. C'est de cette dynastie qu'est né le Conseil des Vampires ! Les murs eux-mêmes sont ceux du Marquis, d'ailleurs. Il se peut éventuellement que Lancwen elle-même n'en connaisse pas tous les recoins. » ajoute pensivement le barde. Puis, il regarde à nouveau la comtesse dans les yeux : « Alors, j'ignore lesquels de ces vampires vous considérez comme des moustiques, mais certains vampires de votre connaissance ont dans leurs veines le sang du Marquis ... Rien à voir avec l'influence de Kehan Olth.
- Je ne parrlais pâs d'eux, mais de ceux que j'ai crroisé dans cette tâverrne crrâsseuse ... kss Lancwen fout la prremièrre â m'accueillirrr … Ksss.
- Aviez vous entendu parlé de tout cela ?
- J'ai entoudou pârrlais dou Marquis, il aurrait vou que ce qu'il pensait êtrre oune légende est oune rréalité dans mâ perrsonne ... ksss Je ne cônnaissais pâs toute cette histoirrre. Je vôus rrremerrcie de m'âvoirrr tout expliqué » répondit la Comtesse en caressant Aliosha.
« Je vous en prie, Comtesse ... Maintenant, vous distinguerez sans doute bien plus de subtilités que jadis dans ce qui se passe au Conseil. La dynastie du Marquis est puissante mais peu nombreuse. Aussi le Conseil a t il besoin de vampires 'spontanés' ... sans pour autant faire trop entrer le Souffle de Kehan Olth en son sein. L'équilibre est délicat et chacun en a son point de vue. Sans doute est-ce aussi ce que craint Iryanna, même si elle n’en a pas nécessairement conscience car je ne suis pas certain qu'elle sache tout ce que je viens de vous révéler. »

La vampire affiche alors un rictus sadique : « Et si je prréferre respirrer le Souffle de Kehan Olth...Ksss ? Il est ce que j'aime ...
- Je vous laisse seule juge. Mais pour y avoir moi-même goûté, pour en avoir été alimenté, je sais qu'il apporte la destruction ... même au sein de ceux qui le respirent. Si vous estimez que telle est votre voie, pourquoi pas ... Mais pour en revenir à Iryanna, que pensez vous de ce qu'elle prophétise ? Souhaitez vous vraiment une suprématie des vampires sur les autres espèces ? »

Sniejana se met à rire à gorge déployée. Puis, une fois son rire terminé, elle s'enroule une mèche de cheveux autour de l'index : « Iryanna ... oui ... Je veux cette souprrémâtie ... mais je peux aussi accepter des môrrtels qui sont intérrressants et qui aiment la forrce des Ténébrrres. kss Elle le sait, mais elle mélange mes pârrrôles âvec celles de mes soeurrs de rrâce qui n'ont rrien â voirr dans cette affairrre kss.
- Ce que cette dame mélange, je m'efforce de le démêler ... Je suis à la recherche de la vérité. »

 

 

Un dessert de propos plus léger où l’on parle même de la Lumière

L'elfe prend alors paresseusement une pomme sur la table et la croque, tout en regardant la comtesse dans les yeux. Celle-ci reprend lentement la parole, l'esprit concentré sur le Conseil des vampires. « Je vais êtrre dirrecte ... kss Pourrrquoi le Conseil accepte-il oune goule dans ses rrrangs ... kss âlorrs qu'elle fout injourrieuse. Et cette douchesse qui me collait aux joupes parr manque de perrsônnâlité ... ksss Maintenant elle n'est plous lâ et c'est oune bônne chose pourr mes soeurrs de rrâce ... kss. » Elle s’arrête un instant pour prendre une gorgée du nectar de vie. « Mais je ne sais pâs si mâ plâce est vrraiment avec elles ... ksss Je leurrr âppôrrrte des prrrôblèmes ... Ksss Ce sont des vampirrres qui ont oune clâsse et qui se sont dônnée dou mâl pourr cett crrrypte, mais je souis plous extrrème qu'elles ... kss, je prréférre sentirrr la destrrouction et et la souffrrance en dehorrs du Conseil si elles ne le souhaitent pâs ce pârrfum embaumer leurr crrypte. kss Vôtrre âmante est douce ... Elle est mon contrrairrre. Doit-elle goûter â ce que je sème ?
- Vous seule le savez, Comtesse. Les goûts de chacun et les aspirations sur sa propre destinée est ce qu'on a de plus personnel, de plus précieux ... et parfois de plus évolutif !
- En effet ... ksss Je verrrai quelles crroisées de chemin mon éterrnité m'offrirrâ. »

Færandel se lève, rapproche l'esclave au teint hâlé qui tentait la comtesse il y a quelques temps ... « Un petit dessert ? »

Sniejana regarde avec un désir non feint l'esclave qui s'approche. En signe de consentement, elle se lève et commence à lui tourner autour, laissant glisser ses mains sur l'anatomie de l'homme. Elle ne veut pas goûter au sang, celle de la femme lui a suffit ; ce qu'elle préfère, c'est le flux psychique. Elle se colle à lui, lui susurre quelques mots qui semblent le détendre, puis fait assoir l'homme sur une chaise et se tient derrière lui, en lui maintenant la tête en arrière contre son ventre. Elle l'aspire ... Elle se remplit de sa force, il se vide de son être. Elle récupère l'âme du mortel avec toutes ses souffrances et ses peines, toutes les couches qui faisaient de lui ce qu'il était. La comtesse n'a pu se retenir, elle fut trop violente : l'homme n'a pas résisté, son coeur a vendu l'âme à la vampire pour faire cesser la torture physique du corps maintenant inerte. Le corps de Sniejana ne parait que plus attirant par l'essence de l'être qu'elle vient d'absorber.

« Oh ... C'est dômmâge. J'ai été trrôp gourrmande. Kss j'aurrai voulou le gôuter autrrement ... kss »

Sniejana fait un sourire enjôleur en regardant le barde : « Vôtrrre diner est trrés rreoussi ...
- Je vous remercie » dit le barde en s'asseyant et en choisissant une pâtisserie.

« Plus prosaïquement ... vous devez vous trouvez actuellement sur un continent ou prochainement vous le serez. N'hésitez pas à faire appel à mes services, pour avoir accès au dossiers de vos concurrents : passé, alliances, clans ... Je dispose d'informations sur tout ça. Et la prestation est entièrement gratuite ! Si ça peut vous aider ...
- Je souis sourr Microsoftdhil ; J'ai rrencontrré des difficoultés avec des âdôrrâteurrs de la Loumièrre ... kss un d'eux â pou gôuter aux Ténébrress.
Fær' : "Jayce ou Ristournel ?"
- Jerek et Jayce. C'est Jerek qui a soufferrt !
- MMmm ... Je connais moins Jerek. Jayce est un impulsif, par contre : un piège habilement monté devrait l'abuser ...
- Jayce â éléminé un pirrâte qui me soutenait dou nom de Jarx. Je n'ai plous de forrce, mes chérries ont été prrivées de leurrr plaisirr, je ne peux pâs fairre de plans pourr le môment : j'attends que la loune me souffle le moment d'âttâquer ... ksss. Mais je gârrde en mémoirre vôtrre prroposition.

- C'est un service que la Pieuvre Noire peut vous garantir sans soucis ... du moins, tant que nous ne serons pas ennemis ! Ce qui arrivera fatalement un jour sur votre voie de la suprématie. » Le message était clair, bien qu'implicite. La Pieuvre avait ses propres règles et s'accommoderait mal d'une domination, quelle qu'elle soit.

Le nom du noir céphalopode éveilla le souvenir d'un visage pâle et dur dans l'esprit de la comtesse.

« Vôus êtes âmi de Morrdred ? Je veux marrcher â ses côtés ... ksss Je crrois que nous âvons les mêmes âspirrâtions ... Dans ce câs nous ne serrons pâs nécessairement ennemis ... mais on ne sait jamais ... kss.
- Morrdred et moi même avons des relations complexes, répondit prudemment Færandel. Disons que nous étions très amis avant que je partage avec sa femme un peu plus que de l'amitié et de chastes bises. Mais nous verrons de quoi demain sera fait ... » termina le barde en levant son verre. Sniejana ne pu s'empêcher de rire et lui fait un clin d'oeil coquin : « Un môrrtel qui peut trromper ... kss C'est mâgnifique ... Je ne testerrrai pâs vôtrrre dégrré de fidélité, je l'ai prrômis â mâ soeurrr de rrâce Anna-belle ... kss.
- Ne vous méprenez point, Gente Dame. Je n'ai jamais trompé mes compagnes et je ne compte pas commencer, quoi qu'Anna-Belle puisse penser de moi. Quant à la femme du sieur Morrdred, c'était au bout de longues années de disparition où il ne donnait guères plus de nouvelles. J'espérais aussi le faire revenir à nous par ce biais tout autant qu'apporter le bonheur auquel aspirait Dame Xüne ... Ça a été une réussite totale ... bien que douloureuse, termina le barde en se souvenant du coma.
- Vôus vôyez la douleurrr peut êtrre efficâce ... ksss vôus, l'hômme de faits, vôus âvez outilisé lâ passion pourr arriver â vôtrrre fin ... kss Vôus vôyez, nous sommes pâs si différrents.
- Certes Sinon, vous ne seriez point là ce soir. D’ailleurs, puisque nous en sommes au chapitre des mondanités, puis je vous demander un service ? N'omettez pas de transmettre mon bonjour à Morrdred. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus !
- Je loui ai déjâ pârrlé de vôus, répondit la vampire ... kss C'est grrâce â vôus si j'ai pou le trrouver et pourr celâ je vôus rremerrcie oune nouvelle fois ... Je ne serrai peut-être plous seule dans mes jeux crrouels ...
- Je pense qu'en effet vous allez bien vous entendre ... s'il est à la hauteur Du temps de sa splendeur, il l'était assurément ! Je nourris l'espoir que ce temps est toujours d'actualité.
J'ignôrrai qu'il était aussi de vôtrrre Pieuvrre Noirre ... Elle rregrroupe en son sein des hômmes intérrressants. Ksss »

L'elfe et la vampire continuèrent alors à parler de choses et d'autres, évoquant les gens qu'ils connaissaient et les évènements récents. Au fil des discussions, la nuit était désormais bien avancée, aussi la Comtesse Sniejana de Rostislava finit-elle par se lever et par prendre Aliosha à gestes mesurés : « J'ai beaucoup de chôses encôrrre â découvrrirr ... ksss mais vôus m'avez bien aidez..."

- Mais, je vous en prie ... Les bardes sont là pour conter les légendes et les histoires ... » L'elfe se lève à son tour pour la raccompagner.

« Le temps me manque ce soir, mais peut être un jour pourrais-je vous raconter comment je suis mort, sur ces lieux mêmes ... » Désignant une flaque de sang sur le sol, l"elfe termine avec une voix étrange : « C"est ici que j"ai trépassé, il y a 13 ans de cela ! » La comtesse suivit le mouvement du barde, puis le regarda en face : « Âvec plaisirrr...nous aurrons l"ôccâsion de nous rretrrouver...cette fois vôus viendrrez au mânoirr de la Loune.
- Avec Grand plaisir Comtesse ... Ce sera à votre tour de me raconter les légendes de votre contrée. »

L"elfe raccompagne alors la vampire hors du tombeau de Kehan Olth, non sans lui avoir auparavant offert les esclaves restants ...
« Cela vous fera un encas, pour la route.
-Je vois que vôus pensez â tout ... ksss Est-ce que vôs orrcs de cendre peuvent les rramener â mon mânoirr ? Je n"ai pâs envie de marrcher, je vais prrendrre le chemin des airrs ... ksss
- Sans le moindre soucis. J"enverrais des Cultistes pour effectuer la livraison, je les trouve plus disciplinés que les orcs de cendre ... euh ... Je vous fais un empalage cadeau ? »

Sniejana soutit à la plaisanterie : « Hmmm. Vôus avez des crrochets de fer?" La comtesse lui fait une gracieuse révérence avant de le saluer et de se transformer en brume sous la lueur d"Ulmara. Færandel le seigneur barde la regarde partir, remarquant alors que d"autres invités semblaient se présenter en ces lieux.

« Que de visites, ce soir » dit-il en se dirigeant vers les orcs de Krashouane.

 

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Les affres d'une nuit

Ajouté le 17/9/2006

Vous êtes-vous déjà réveillé en regrettant ce moment irréel qu'est le rêve ou bien en étant heureux de vous y être échappé, mais avec la peur encore logée aux entrailles ?
Ce soir c'est un peu ce que vous ressentez en marchant dans ce paysage couvert de neige, sous les rayons lunaires, laissez vous porter par la féerie du moment…
Le manoir de la lune est enveloppé d'un manteau de brume voulant le couper du monde des vivants. Le chemin argenté, qui serpente vers la demeure, vous invite à rendre visite à la comtesse Sniejana. Au fur et à mesure que l'on se rapproche du cimetière familial, des souffles glacés vous susurrent quelques bruits inquiétants. Cela ressemble à des grincements de dents… à croire que les morts dévorent leurs linceuls…Continuez...…pressez le pas, si cela peut vous rassurer.
Vous entendez ? Des chants de femmes.
Ces voix sont merveilleuses, ce son est envoûtant et vous fait oublier celui des trépassés. Elles vous attirent à percer le mystère d'un soir au manoir. Sa masse vous projette vers une réalité oppressante, de petitesse, de fragilité, de vie…
Des éclats de rire, des hurlements, de la musique, subtil mélange que seule la comtesse sait manier avec mystère et qui vous attire irrésistiblement tel un papillon de nuit à aller vous brûler dans l'incandescence de Sniejana.

Voulez-vous entrer, pousser la porte de sa demeure?…Alors, osez, mais faites-vous discret. Cachez vous sous la capuche de votre coule sombre, on vous prendra peut-être pour un serviteur.
La porte cède à la poussée avec un grincement qui accompagne la mélodie qui habite le manoir. Montez cet escalier,… suivez ces voix...…Vous êtes ébloui par la riche décoration de la pièce.…
Le grand Salon est illuminé par une multitude de bougies. Les flammes meurent en léchant l'air comme si elles voulaient agrandir leurs mèches qui se consumaient inexorablement. C'est un peu comme vous, qui n'êtes qu'éphémère dans la course du temps. L'étincelle de vie de la comtesse s'est éteinte dans d'atroces souffrances, maintenant, elle aime la cultiver autour d'elle. Dans son jardin secret flotte le parfum du désespoir, de la terreur, de l'effroi. Le sien est enivrant. Celui d'une femme qui aime séduire, celui d'une prédatrice qui hypnotise ses victimes...
D'ailleurs votre regard est irrésistiblement attiré vers elle, malgré tous les convives présents et possédant une lueur étrange dans leur regard…Ne les fixez pas ! Elle porte une robe noire aux reflets sombres d'une nuit bleutée ce qui met subtilement sa peau d'ivoire en valeur. Son dos nu descend avec tentation à la naissance de sa colonne vertébrale où ondule un serpent tatoué qui apparaît chaque fois que la comtesse se sent joueuse…. C'est une étrange magie, je vous l'accorde, mais ne vous ai-je pas dit que la sorcellerie et la magie noire ont été ses premières passions… Le reptile parait vivre suivant les déhanchements de Sniejana qui danse sous les chants des succubes.

Les convives doivent être tous de grandes lignées, et ils semblent attendre que les festivités débutent…Certains s'occupent déjà par des étreintes corporelles, et touchent au fruit défendu. Son chat blanc se roule dans vos jambes, il doit vouloir un peu de caresses, ce que vous faites. La comtesse s'est retournée vers vous, elle affiche un large sourire :
-Enfin vôus voilâ…kss. On vôus âttendait …kssss…. Souivez-moi…
Je vous conseille de feindre la confiance,…essayez de vous calmer, sinon elle sentira votre peur, et qui sait ce qu'il adviendra de vous!…
Elle vous installe dans un profond fauteuil, ses mains courent en de prodigieuses caresses le long de votre visage et de votre nuque. Vous entendez sa voix mêlée à la mélodie des succubes, vous saisissez ce qu'elle vous dit, mais votre esprit ne semble plus vous appartenir. Ses paroles pénètrent votre être, elles vous procurent un sentiment de délassement. Vos sens sont ivres de ses mots, le contact avec ses doigts glacés vous donne des palpitations incontrôlées. Son rire suave et charmeur vous rassure et vous nourrit d'une sensation de bonheur, quasi d'extase. …Qu'il est bon d'être prés d'elle ! …Comment pourrait-elle vous faire du mal ?Vous êtes tellement bien en sa compagnie. Elle vous invite à vous lever sans détacher son regard envoûtant et hypnotique de félin. Elle est tellement belle.…Est-ce un ange ? Vous n'arrivez pas à porter votre attention ailleurs. Elle vous enlace, et tourne autour de vous toujours en vous parlant et riant, les convives vous regardent en souriant. La tête vous tourne, vous dansez.…Vous vous resserrez contre elle, vous laissez porter entre ses bras et riez avec elle.…
Vous sentez le froid vous envahir le dos, vous êtes torse nu. Ce contact si brutal pourtant excite encore plus vos sens brûlants. Elle vous a plaqué le long d'un marbre noir, et doucement elle vous emprisonne dans sa toile. Vos mains, vos pieds sont enserrés dans un étau d'argent, elle est en face de vous, sublimée par l'aura de danger qui l'entoure, son paradoxe vous nargue. Vous êtes maintenant confronté à votre triste sort, et vous voyez que vous n'êtes pas le seul… Sniejana séduit. La comtesse détruit.

Elle a sorti sa pointe d'argent de son décolleté qui tourne entre ses doigts fins, instrument qui apparaît toujours quand elle veut s'amuser un peu. Elle parcourt votre torse et votre nuque avec sa bouche qui frôle votre peau. Vous sentez son souffle brûlant qui cherche le gouffre de votre peur, pour qu'elle puisse y insuffler ses flammes qui dévoreront tout votre être. Un cri s'échappe malgré vous. La douleur est là, le long de vos côtes, elle s'impose à vous, elle s'accroche et vous ronge. Sniejana a trouvé le fleuve de votre vie, et sa langue le lèche, tandis que sa pointe dessine sur votre peau des sillons de tortures.
Elle s'éloigne pour regarder son oeuvre: …vous. Le serpent ondule le long de son dos, elle se retourne et dans l'éclat de ses yeux vous y voyez le ravissement, le danger. La terreur s'empare de vous. Sa voix suave vous susurre quelques mots, qui malgré la distance vous sont agréablement audibles :
-Vôus êtes un invité délicieux… Ksss

Si loin et maintenant si prés, elle est en face de vous, les convives forment un cercle. Vous avez à peine fermé les paupières que vous voyez l'éclat de ses canines qui se rapprochent de votre nuque. Vous hurlez, elle jubile…. Vous vous réveillez, votre souffle est court, le froid de la nuit brumeuse vous saisit…. Une voix pourtant résonne dans votre esprit :
-Ce n'était qu'un rrrrêve …Ksss …hahaha…... Bônne nouit…, petit môrrrtel …Ksss...


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Jouissances

Ajouté le 17/9/2006

Cette nuit est particulièrement froide, le vent glacé nous mord la peau du visage pourtant à moitié couverte. Un peu de givre s'est installé sur vos cils, cela vous donne un drôle d'air. Allons bon, ce n'est pas l'heure des moqueries n'est-ce pas ?
La neige tombe en grande quantité, elle forme un écran nous donnant une mauvaise visibilité.
Vous vous demandez où nous allons ? Curieux que vous êtes, chaque chose en son temps, vous allez le découvrir en temps voulu. Regardez, vous voyez le faible éclat de lumière ? C'est une église, les habitants de ce village se rendent une fois par semaine à l'office nocturne. Allons-y, cela va nous réchauffer un peu…

Des cierges, des lustres de bougies éclairent l'intérieur. Le moine quelque peu grassouillet a le visage rougeaud trahissant son goût pour la boisson. Son visage ne vous dit rien ? Regardez la petite assemblée!… Oui ce sont des paysans, certains vous rappellent quelque chose?… Nous sommes à la messe du moine qui a condamné le comte Stepan-Aliosha au bûcher, qui fut témoin du viol de la comtesse Sniejana,morte enterrée vivante.

L'assemblée fixe avec peur le moine qui hurle son discours, leur apprenant tous les supplices qu'ils connaîtront s'ils se laissent tenter par le diable. L'église n'est pas très riche, on dirait plus une grande chapelle à la construction très rustique. Le sol est maculé par la cire des cierges. Une grande croix en bois décore le fond de l'édifice, elle fait face à la porte principale et au bénitier.
Votre corps est pris par un sursaut de peur, les portes se sont ouvertes dans un grand fracas. Les bourrasques de neige refroidissent l'intérieur faiblement chauffé de la présence humaine. Un homme va les refermer
-Voyez voyez ! C'est un signe ! Les portes de l'enfer s'ouvriront pour vous, pauvres pécheurs si vous succombez à la tentation et aux vices ! Rappelez-vous de la comtesse et du comte de Rotislava, nous avons tué ces démons ! Nous devons chasser le mal ! Ils étaient damnés, et nous avons fait notre devoir !! Notre seigneur en prendra compte, le paradis se rapproche pour nous !


Les portes s'ouvrent encore plus violemment, l'assemblée horrifiée se retourne comme si le diable lui-même venait les torturer pour leurs péchés. Mais c'est un cercueil en ébène porté par six valets vêtus de noir qui franchit les portes sous la danse violente des flocons de neige portés par le courant d'air.
-Qui êtes-vous ? Ce n'est pas l'office pour un enterrement !

Le moine s'énerve en voyant les intrus, et son visage devient encore plus rouge qu'il ne l'est déjà.

C'est vrai que c'est étrange…, je ne sais pas, je vous ai conduit par hasard dans cette église, enfin presque…Les valets ne répondent pas au moine, ils ont raison… il est agaçant !

Ils déposent sans un mot le cercueil devant l'autel et retournent fermer les portes. Pourquoi la barrent-ils? Ils nous enferment ! Leur regard est vide, aucune émotion ne semble les habiter. Ils sont pris d'une énergie redoutable, ils courent à une vitesse impressionnante vers le crucifix pour le décrocher de son support.
Les paysans protestent, mais un silence terrible s'abat quand un grincement se fait entendre. Le cercueil s'ouvre, une main d'une blancheur extrême apparaît. Une silhouette se lève, elle est masquée par une longue cape noire dont la capuche ourlée de fourrure ombre le visage. Un rire résonne, un rire inquiétant qui vous glace le sang s'élève. La cape est retirée, les paysans et le moine ont leurs traits défigurés par la terreur. La comtesse Sniejana est debout, un sourire sadique aux lèvres, les bras levés vers le ciel ! Un chat blanc saute avec toute sa félinité sur l'autel.
- Bonsoirrr Etrrangers..kss… Vôus pensiez vôus êtrrre débârrâssés de moi ! Hahahaha…. Je viens pourrr vôtrre salou ! Le pourrrgâtoirrre, c'est moi ! Vôus allez expier vôs péches entrres mes mains !

Cachons nous ! Vite là dans le coin ! On va se faire piétiner par le mouvement de panique qui se rue vers les portes. Mais impossible de les ouvrir, ils sont enfermés avec elle. La comtesse est venue les faire payer pour son meurtre et celui de son mari, elle veut goûter à sa nouvelle existence.
Elle est radieuse, elle savoure la terreur qui se propage. Tous les cierges s'éteignent, soufflés par une brise glaciale venant de nulle ouverture sur l'extérieur.

Le moine brandit devant lui une croix, Sniejana marche vers lui, un semblant de sourire aux lèvres. Elle n'a rien perdu de sa grâce et de sa beauté, elle est juste empreinte d'un peu plus de mystère.
-Arrière Satan !!
-Vôus crrôyez vrraiment que vôtrre bibelôt me fait peurr…kss..hahaha… Vôus allez êtrre le prremier !

Elle lui attrape la gorge, et plonge son regard de chat dans celui terrifié du moine. La panique l'envahit comme un poison foudroyant, l'entraînant dans un cauchemar. L'effroi l'empêche de réagir, son coeur bat la chamade. Il n'arrive plus à respirer, il ignore si ses doigts engourdis tiennent encore le crucifix. Elle absorbe sa terreur, elle prend du plaisir à le voir souffrir non pas physiquement, mais intérieurement. Le moine se sent s'effilocher comme un bout de corde pourri. Des lambeaux de lui-même s’en vont dans le courant de toutes les couches qui faisaient de lui ce qu'il était, souvenirs, émotions, pensées profondes qui le fondaient…Tout cela part en charpie ! Comme c'est bon pour Sniejana. Elle sent la mort venir faucher le moine, elle soulève le corps inerte, elle est habitée par une force prodigieuse ! Elle le regarde avec une satisfaction remplie de sadisme, elle le jette contre un mur sans plus d'attention. Ce moine était mort comme une bulle de savon qui éclate, une étincelle qui disparaît soudain.
Elle veut goûter au sang !

Les cris stridents hurlés par la foule font baisser les oreilles au chat allongé sur l'autel, mais il ronronne et suit des yeux la comtesse.
Elle s'adresse avec une voix d'outre-tombe à ses valets :
-Délectez vôus de toutes ses âmes et de ses ténébrrres..kss Mais laissez moi quelques prrroies vivantes..kss

Ils ne se font pas prier en effet, leurs visages hâves sont transformés par l'appel du sang ! Ce sont des goules ! Tournez le regard, oui, c'est horrible, les victimes sont dévorées vivantes ! Mais maintenant, vous voyez la comtesse agir !
Une femme tient son petit garçon dans les bras, elle tente de prendre de l'eau bénite. Mais Sniejana est plus rapide et se pose devant elle. Elle reprend son air angélique :
-Ne crraignez rrien de moi, je ne ferrai pâs de mâl…ksss Hahaha…
Elle arrache l'enfant des bras de sa mère, lui caresse le visage pour sécher les larmes de ce dernier. La mère est terrorisée, elle ne peut plus rien faire ! La comtesse, un sourire au lèvres, plonges ses perles pointues dans la gorge tendre, et suce le nectar de vie les yeux mi-clos. Elle laisse tomber le corps sans vie, et veut saisir celui de la mère horrifiée, mais une goule s'apprête à se sustenter.
-Assez… ksss dit-elle d'une voix calme et suave.

C'est un véritable massacre, il n'y a que nous, et trois autres personnes de vivantes. La mère est prostrée, attendant l'atrocité du valet. Mais Sniejana le regarde avec fureur.
-Moutilez les corrps qu'ils ne pouissent pâs rrenaîtrre avec le don… ksss Et laissez moi les vivants, on vâ les âmener au mânoirrr de la loune pourr que je pouisse m'amouser un peu… .

Ne bougez pas, elle ne fera pas la différence avec le reste. Vous avez le visage trempé, vous vous essuyez, c'est la sueur de votre peur et le sang des victimes. L'église est baignée par ce sang...c'est affreux! Vous êtes pris de nausée ! Retenez-vous, par pitié !! Il ne faut pas qu'elle nous voit. Elle sent l'odeur des vivants, la notre est mêlée aux autres.
-Dépechez vôus..je vôus attend au mânoirr... …Ne me faites pâs attendrre sinon…...

La comtesse va vers son chat qui lèche une flaque de sang :
-Aliosha… mon âmourrr le spectâcle t'a plous …kss ?
Il s'enroule dans ses jambes, les deux silhouettes sont entourées par une brume puis s'évapore. Les goules obéissent à leur maîtresse, les corps sont mutilés, les vivants ligotés…

Ils ouvrent les portes de l'église. La blancheur de la neige tranche violemment avec la couleur vive du sang. Mais l’'air nous fait du bien... Attendons avant de sortir, on ne sait jamais. Vous tremblez comme une feuille ballottée par le vent de violence qui vient de souffler dans cette église. C'est vrai que le spectacle est insupportable, sortons alors !
Vous vous avancez comme vous pouvez vers l'extérieur, les goules sont déjà loin. Vous vous écroulez contre le manteau de neige, et vous sentez le picotement du froid contre votre peau. Vous ne rêvez pas, vous avez la chance d'être encore en vie….


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