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Le marché

Ajouté le 17/9/2006

 

 

Aujourd’hui une grande vente à lieu. C’est une chance, il fait beau comme toujours. Le soleil est à son zénith, et il ne cesse de brûler ma peau découverte qui est a perdu sa pâleur nordique. L’effet de ma langue contre mon palais ressemble à du cuir, la soif m’étreint mais je n’y peux rien. J’ai pu attraper un petit caillou tout à l’heure quand elle m’a fait asseoir comme une vulgaire bête. Je le suce et le fais rouler sur ma langue, tout mon esprit est dirigé sur son mouvement pour oublier cette marche forcée en enfer. La réverbération du soleil sur les dunes de sable font pleureur mes yeux bleus malgré eux. Je suis moi-même étonnée d’avoir encore un peu d’humidité dans mon corps qui respire cet air sec et chaud. Nous sommes arrivés à l’oasis. Par delà le tapis de palmiers, je contemple les murailles et les tours blanches qui ne font que raviver mon mal de tête, mais comme j’aimerai sentir la fraîcheur d’un intérieur qu’elles protègent.

L’odeur des épices et le brouhaha du marché aux milles et une saveur sont passés furtivement devant mes sens. Qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je sens maintenant ? Cette puanteur me remonte le cœur, je ne m’y ferai jamais Il faut que je me tienne droite et avenante devant tous ces regards scrutateurs. Il y a de tout parmi les visages qui me regardent, du beau monde à en juger les étoffes, il se mélange à la classe moyenne pour ce genre d’occasion. Ils se promènent de façon indolente en débattant sur la qualité de la marchandise, et arbore une mine dégoûtée ou peinée pour les plus sensibles devant une guirlande d’hommes agonisant de fatigue et de maltraitance.

Je ne prends plus garde aux gémissements que je peux entendre, aux étales beaucoup moins bien entretenus que le mien. Certaines marchandises rendent l’âme sur le lieu de vente, je ne suis pas si mal tombé quand j’y pense. Mais ma chute…combien elle fut douloureuse et imprévue. Il paraît que je suis une esclave de valeur grâce à mon ancienne éducation et à mon exotisme. Je me fiche du passé tout ce que je veux c’est survivre.

Un geste sec me sort de mes pensées, je reste droite, je vois sans rien capter des détails qui m’entourent, je suis dans le vague. Je me réfugie au fond de mon être dans un espace où nul ne peut m’atteindre. Une litanie se dévide inlassablement, les offres fusent. Les mots de ma matrone me libèrent en même temps que les fers qui rongeaient mes poignets, et je passe dans les mains d’un homme grand et sec. Deux perles noires insensibles et perverses sont plantées dans ses orbites. Elles roulent le long de ma physionomie, il pense m’avoir acheté à bon prix sans doute. Il me tend un nouveau bracelet qui me couvre la moitié de mon avant bras, signe que j’ai un maître. Docile je le suis, il a l’air heureux, il peut. Je suis une affaire, et il le saura très vite…oui je me le promet très vite…

 

                                                         ***

 

 

Le maître frappe dans ses mains, il vaux mieux ne pas le décevoir. Je suis vêtue d’une longue rode de lin qui suit d’assez près ma silhouette. Je n’ai pas oublié de me coiffer et de me farder comme l’avait voulu mon propriétaire. Une autre de ses esclaves m’avait massé le corps avec des onguents parfumés tirés de multiples petits pots en verre taillé qui encombrait le hammam.
Un collier de turquoises et de perles entoure mon cou. Des sandalettes blanches en fines cordelettes de cuir chaussent mes pieds aux ongles carminés, et mes chevilles sont cerclées de plusieurs anneaux d’argent.
D’un pas qui se veux assuré, je me lance vers cette grande salle servir les invités de mon maître. Je tends mon plateau d’albâtre qui déborde de grenades mûres et d’amandes fraîches. La pièce est spacieuse, un pan de mur et absent ce qui ouvre directement sur un vaste patio. La douce brise du début soirée rafraîchit les invités de cette trop chaude journée. Ce filet de vent dirige distraitement mon regard sur un bassin. Les libellules qui folâtrent sur les lotus forment un nuage translucide. Elles m’entraînent vers le passage de ma vie où tout a basculé :

« Les échanges avait été profitables, le troc avait bien fonctionné et la cale du navire était remplie d’épices, de matières précieuses. J’ai toujours aimé les voyages, aussi cela ne m’a pas déplu quand les Rotislava m’ont chargé de quadriller le monde à la recherche de curiosités exotiques. Satisfaite, je rejoins le commandant de bord qui a le front creusé par des rides d’inquiétudes. Le vent poussait de sombres nuages menaçants. Nous nous dirigions droit vers une tempête. Le navire chargé est beaucoup moins vif aux manœuvres en cas d’urgence.
La nuit s’écoula lentement comme un fleuve de bitume. D’abord vif et vigilant, l’équipage sombra peu à peu dans un état d’angoisse nerveuse. Tout avait été fermement attaché.

Un éclair déchira les ténèbres, je vis sous cette lumière furtive l’océan déchaîné. Le pont se dressait à la verticale et retombait lourdement se planter dans l’écume de la mer enragée. Partout les marins hurlaient de colère contre cette nature qui voulait les happer. Le navire criait lui aussi, dans l’effrayant craquement du bois. Le gréement gémissait et les voiles se battaient contre les violents coups de marteau de vagues.
Je me cognais contre les parois de ma petite cabine, n’en pouvant plus d’être bousculée comme un pantin, ma stupidité m’a conduit sur le pont…
Tout est allé si vite, le noir, je suffoque, je suis ballottée, on hurle mon nom, je me noie. Enfin je l’ai cru, je ne sais pas comment s’est produit le miracle. Je me suis réveillée la bouche sèche et craquante de sable. Au dessus de moi j’ai vu quatre visages que le contre jour m’empêchait de détailler. Leurs voix étaient masculines, et leur dialecte étranger m’était familier. J’avais donc échoué dans cette même région où j’avais effectué mon troc.
-je suis Ekatarina...Mon navire a sombré…je…

Il ne m’ont pas écouté, trop heureux de leur affaire. Ils m’ont troqué un marchand comme je le faisais avec les épices. Et maintenant je suis une esclave… »

-Dépêche toi un peu, je ne t’ai pas acheté pour que tu rêvasses !

Je rejoins ma condition en le regardant s’éloigner et baisse rapidement les yeux avant d’être châtié.
Je te tuerai !

 

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Désillusion: partie 1

Ajouté le 17/9/2006

 

 

 

Les mains huilées de Shéhérazade glissent sur le galbe de mes cuisses puis tout le long de mon corps. Le parfum ambré qui se dégage de l’huile est chaud et suave. Je me laisse aller à la détente des mains expertes sans me douter de la scène qui va se dérouler.
Le jardin est illuminé par des portes-flambeaux disséminés à travers les feuillages. Sur les murs blanchis à la chaux, les oiseaux aux plumages colorés s’ébattent dans des vols audacieux, des ibis à tête rouge scrutent des horizons lointains, des perdrix et faisans guettent, dans les roseaux, un chasseur imaginaire et des poissons mêlés aux lotus rivalisent de couleurs.

-le maître est très impatient de te voir. Il m’a demandé de te faire à son goût. Lève toi, ta peau est assez douce.

Je regarde Shéhérazade avec étonnement, elle ne remarque cependant pas mon expression, elle sort d’un coffre, une tunique courte et soyeuse. La transparence du tissu joue avec les effets de lumière et le scintillement doré des perles qui y sont brodées.
-Que veux-tu dire ? Je croyais que j’avais le droit à cette toilette pour mon travail bien fait.
-Oh es-tu si naïve Ekatarina ? Ne sais-tu pas que le maître aime les jolies femmes ? hein ?

Elle fait un clin d’oeil chargé de sous-entendu. Je ne veux pas y croire, mon cœur s’emballe, un nœud se loge dans ma gorge. Peut-être n’est-ce que le fruit de mon imagination débordante. Elle s’évertue à m’attacher le pagne autours de ma taille, sa blancheur met en évidence ma peau dorée par le soleil.

- Que devrais-je faire ? Le servir comme tous les jours depuis que je suis ici.
-Arrête de faire l’idiote, tu ne veux tout de même pas que je te donne des leçons comme le font les femmes dans les harems! Tu sais très bien ce que je veux dire. Ce n’est pas ma faute, moi, je ne fais que répondre à ses ordres. Crois moi, si j’avais pu empêcher cela, je le ferai mais je ne suis rien ici, une simple esclave comme toi.

Des perles d’amertume et de rage s’accrochent à mes cils recourbés. J’ai le souffle coupé, je ne veux pas que ce porc me touche, je l’écarte brusquement.
-Non ! Je ne veux pas ! Tu m’entends !!
Elle me prend dans ses bras, puis après une étreinte chaleureuse, elle me fixe avec ses yeux noirs et pénétrants :
-Ekatarina, tu n’as pas le choix. Crois moi, ne résiste pas, tu ne sais ce qu’il t’en coûtera sinon. Je suis passé par là moi aussi. Laisse ton esprit s’évader quand cela arrivera, c’est la meilleure chose à faire. Maintenant sèche tes larmes que je pose ton fard.

Les mots déferlent sans que je puisse les contenir :
-S’il me touche, il le payera de sa vie, je t’en fais le serment Shéhérazade.
-Cesse de dire des sottises, que veux-tu faire face à ce grand guerrier du désert ?

Je ne réponds pas, je la laisse terminer son travail. Elle me lisse mes longs cheveux noirs, avant d’en remonter une partie, le reste ondule le long de mon dos nu.. Je ne prend plus garde à ses talents de coiffeuse, je ne regarde pas mon image qui se reflète dans le miroir.
Son reflet pourtant veut me montrer ma poitrine nue, juste recouverte d’une poudre nacrée qui ne fait que la mettre en valeur au lieu de la cacher. Je suis muette de rage. Shéhérazade tentent de détendre l’atmosphère en me racontant les derniers badinages et cancans du palais. C’est une chose vaine. Elle respecte mon silence dans un profond recueillement comme si elle assistait à une veillée mortuaire.
-Vas-y maintenant, tu es magnifique une vraie princesse des milles et une nuit.
Elle sourit faussement, ses lèvres sont prises d’un léger tremblement qu’elle ne peut contrôler, elle se détourne de moi, et s’occupe dans des rangements inutiles.

J’avance tel un spectre errant dans les limbes du néant. Les couloirs défilent à mesure que mon esprit frappe à poings fermés contre mes tempes, il me hurle de le libérer, de le laisser s’échapper de ce triste sort. Prise d’angoisse, j'obéis à sa supplication et je prend le chemin opposé à la chambre du maître. Une voix rauque anéanti tout mon espoir, je vois le visage du perfide conseiller de guerre de mon propriétaire, je baisse immédiatement les yeux:

-Tu ne vas pas me dire que tu ne connais pas la maison Ekatarina. Tu es sublime. Ce n’est pas souvent qu’on peut t’admirer dans de simples et pourtant tentateurs atours.
-J’avais entendu un bruit, je...
-Viens, je vais t’escorter, il ne faudrait pas qu’il t’arrive malheur, il t’attend avec impatience. J’avoue que je caresserai bien ta peau soyeuse, mais la poudre qui recouvre ton corps me trahirait. Tu ne vaux pas la peine d’avoir une main coupée, tu n’es qu’une esclave après tout, bonne pour satisfaire les désirs.


Son rire m’est insupportable tout comme son regard concupiscent. Je suis presque soulagée d’être sur le palier de la porte pour me défaire de ce passeur vers le cauchemar. Ce sentiment s’est vite dissout alors qu’elle s’ouvre sur l’enfer.

 

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Désillusion: partie 2

Ajouté le 17/9/2006

Mes jambes sont aussi molles que le coton que j’ai filé en début de matinée, je ne les contrôle plus, je trébuche sur le pas de la porte. Memphès, le conseiller de guerre, m’ordonne d’avancer avec brutalité. Je titube de nouveau, je n’ose pas découvrir la chambre dans laquelle je suis entré contre ma volonté. Je me plonge dans les ténèbres de la peur, ma vue se brouille et mes jambes répondent de moins à moins à ma volonté.
-Memphès, Vous pouvez nous laisser, l’oiseau ne s’envolera plus. Ekatarina, approche.

La voix du maître claque comme un fouet qui me déchire de l’intérieur, je sursaute malgré moi. Etourdie, la lumière qui se diffuse dans la chambre trop blanche m’aveugle, pourtant la nuit est tombée. Ce ne sont que les portes-flambeaux du jardin qui diffusent leurs rayons à travers les grandes fenêtres. Mes sens amplifient tout ce qu’ils perçoivent. Je force mon regard à s’accoutumer à la pièce. Des tentures de lin recouvertes de peintures d’oiseaux et de fleurs de lotus ornent le mur qui fait face à la porte. Le maître ne s’encombre pas d’un mobilier riche et pesant. Deux immenses coffres ciselés en bois d’ébène et deux tables basses sont symétriquement disposées. L’une d’entre elle est couverte de grenades, d’amandes, de figues fraîches, l’autre d’un service de rafraîchissement composé de cruches et de coupelles finement ciselées. Le grand lit se dissimule sous d’épais coussins brodés bleu et or. La seule virtuosité dans le mobilier, est le trône de lapis-lazulis dans lequel le maître siège et me pourfend de ses yeux d’aigle. Son nez aquilin et la finesse de ses lèvres ne renforcent que l’image du rapace qui est près fondre sur moi pour m’arracher le peu de dignité qui reste à une esclave. Il est habillé avec un simple pagne en peau de tigre, le reste de sa physionomie est nue. Les muscles saillants de son torse hâlé me défient de lui résister. Deux jeunes femmes d’une quinzaine d’années l’éventent avec des grands éventails. D’un geste, il les congédie.

-Sers toi en fruit et en boisson. Détend toi, c’est un grand honneur que je te fais. Tu es aussi précieuse qu’une offrande au temple, ta beauté pourrait presque rivaliser avec la déesse de la fertilité. Ton ventre doit l’être aussi, elle a dû se pencher sur ton berceau à ta naissance.
-Merci maître…

Je ne peux plus en supporter davantage, mon front devint moite à ses allusions, mes forces continuent à me manquer. Je baisse le regard et j’obéis à son invitation. Je mange sans envie une figue fraîche qui éclate entre mes dents et libère son sucre et sa fraîcheur généreuse.

-J’ai de tout de suite vu que tu étais une perle rare sur le marché quand je t’es acheté. Dommage que tu es cette condition, je t’aurais pris comme seconde femme.

J’ai la bouche sèche, je me sers de l’eau citronnée, il darde son regard sur moi et me fait signe d’approcher sans me laisser le temps d’épancher ma soif. Je me lève en titubant, je me ressaisis pour ne pas montrer ma faiblesse et je souhaite de tout mon être ne pas défaillir devant lui. Les trois mètres qui me séparent de son trône, me paraissent être une éternité dans laquelle je sombre en chute libre. Je m’assoie à ses pieds en prenant garde de ne pas croiser son regard. Il me saisit les poignets. Très lentement, il se met à les caresser remontant légèrement sur les bras.
-Je n’ai jamais connu ton histoire Ekatarina, es-tu la fille d’une esclave ou une prisonnière de guerre ? D’où te vient ce prénom aux sonorités étranges ?
-Je..je n’en ai pas maître, je ne sais plus.
-Allons ne sois pas farouche. Tout le monde en a une. Quel mystère se cache sous ces grands yeux bleus ? Les femmes d’ici n’ont pas cette couleur pure dans leurs regards d’encre.
-Je suis une naufragée, la seule survivante. Je viens des terres du nord

Ma voix se brise, la pression de ses mains puissantes se fait plus insistante le long de mes bras. Sans difficulté, il me soulève avec sa force animale. Shéhérazade avait raison, je ne peux pas rivaliser avec ce grand guerrier du désert. Je suis debout aussi proche de lui que je ne l’ai jamais été. Ses caresses atteignent ma poitrine nue. Je me mords la joue jusqu'au sang pour refouler les larmes qui déferlent sous ma vague de rage.
Sa voix tente d’être doucereuse, mais je sens en lui l’excitation qui le brûle de désir. Il se lève à son tour, son haleine chaude contre mon cou me fait frissonner alors qu’il respire le parfum ambré de l’huile avec laquelle mon corps a été massé. En baissant le regard, je remarque une dague accrochée à son pagne, je m’en détourne immédiatement pour ne pas éveiller sa curiosité. Il m’entraîne vers sa couche :
-Met toi à ton aise Ekatarina, raconte moi tout, je veux tout savoir de mon bijou.

Je ne suis pas à l’aise, je ne veux pas ! Il m’a déjà étendue sur sa couche, et ses mains vigoureuses forcent mes cuisses à s’ouvrir. C’est sans peine qu’il y arrive. Il embrasse ma poitrine tout en forçant mon intimité à se dévoiler davantage.
-Raconte moi ekatarina…

Je ne vais pas me lasser manipuler, sa dague est à portée main, je lui relève le visage doucement et l’embrasse en le perdant dans des caresses dont je ne me serrais pas cru capable. Il croit que je me livre à lui, entière et consentante. Il dénoue son unique vêtement qu’il rejette sur le côté. Il cherche à s’épancher en moi, je suis prise de nausée. Je ne sais par quel miracle, la dague se retrouve entre ma main tremblante. De toutes mes forces je frappe. La lame lui transperce la chair. Mes doigts ne répondent plus, l’arme glisse de mon étreinte désespérée alors que le maître me dévisage avec un étonnement mêlé de fureur :
-Aucune…aucune ne m’a résisté Ekatarina ! Tu vas le payer.

Le sang inonde les draps soyeux, et pourtant il est toujours là vivant et vigoureux. Il me serre la gorge comme jamais ! J‘étouffe, mes poumons me brûlent, J’ai beau me débattre, arracher sa peau avec mes ongles. Il maintient la pression, il semble même savourer le fait de me voir mourir à feu doux. De son autre main, je reçois un violent coup sur le crâne qui cède dans un craquement atroce. La douleur est indescriptible et pourtant salvatrice. Je me sens partir vers d’autres cieux plus calmes où je serais libre. Ma vision se trouble, je sens quelque chose de chaud couler sur mon visage qui se crispe dans un dernier sursaut de douleur.

Une odeur fade de cadavres mêlés à celle du natron et de la térébenthine me soulève le cœur. Je vois des embaumeurs qui jouent avec leur crochet de cuivre dans les narines des morts pour leur vider le crâne, d’autres massent des corps sans vie avec de l’huile pour leur redonner un aspect souple après leur séjour dans le natron. Des urnes sont rangées soigneusement. Qu’est-ce que je fais là? Le cauchemar continue, je ne suis pas morte ! Et pourtant, on veut m’embaumer. Je n’y comprends rien ! J’ai franchis les portes du royaume des morts ! Le maître m’a tué !
Je reste étendue paralysée par la peur, je ne sais combien de temps je suis restée ainsi. Ont-il commencé le processus de momification sur mon corps ? Une croûte épaisse de sang coagulé s’est formée dans mes cheveux, je sens toujours mon pagne sur mes cuisses. Les portes du pavillon des embaumeurs se referment. La nuit tombe petit à petit, je dois sortir de là !

 

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