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Ajouté le 21/12/2012

 

 

 Bienvenue dans mon univers imaginaire.

Quelques lignes suffisent parfois pour s'évader de la réalité. Les amateurs d'héroïc-fantasy apprécieront peut-être mes textes écrits sans prétention, mais juste avec le plaisir de coucher sur papier un personnage qui demande à exister.

Bon voyage !

 

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Quand souffle Morrigane...

Ajouté le 3/9/2011

 L'eau s'écoule tranquillement dans le sanctuaire de Morrigane. Sa mélodie est à peine troublée par le vent chahutant le flot continu que recrache la gargouille de sa gueule découvrant des crocs agressifs. La nymphe qui tient la vasque recueillant le précieux liquide servant aux ablutions des fidèles, ne semble pas effarouchée par son compagnon. Elle regarde simplement l'autel en granit dressé sur deux pierres taillées de façon ovale dans le plus simple appareil. Peut-être est-ce les multiples fleurs qu'elle regarde ou alors, les fruits, ou bien ces armes déposées dans l'espoir de demander la furie de Morrigane pour une guerre. Dans ce temple, la Mort et la Vie se mélangent dans les fertiles croyances du peuple, grâce à eux, elle vit, et se renforcent.

Des pas légers se rapprochent, le bruissement de multiples jupons témoigne de son appartenance au sexe faible. Cette femme hésite, ses bras sont chargés de présents pour celle qui représente la souveraineté de la mort ou bien la fertilité. Son regard fuyant regarde les alentours déserts de la plaine avant de s'enfoncer dans le cercle dressé par de gigantesques pierres plantées dans le sol. Sa tenue noire est discrète, mais révèle cependant la valeur de son statut social. Morrigane se lasse de ces femmes qui viennent lui réclamer un héritier, ou le retour de leur mari infidèle ayant un goût prononcé pour les multiples culbutes. Si elles savaient s'y prendre pour attiser la passion et les plaisirs de la chair, elle n'aurait pas à venir mouiller de leurs larmes le sol de sa demeure. Elle préfère de loin leur donner le ventre rond, car elle sait que l'être qui naîtra sera son servant jusqu'à la fin de ses jours. La Souveraine de la Mort sera là aussi pour le recueillir à son dernier souffle qui signera la fin de sa bonté et de ce pacte subtil peut-être passé avec l'avatar féminin du diable pour certains ou d'ange gardien pour d'autres.

Elle soupire et le vent prend un peu de vitesse. Aujourd'hui, elle ne pense pas donner ses faveurs, le soleil éclatant se voile peu à peu d'un drap vaporeux. La croyante observe un moment la gargouille la dévisageant avec fureur, elle dépose finalement ses dons et recueille l'eau de la vasque pour se frotter le visage et s'y laver les mains. Puis, elle en boit une gorgée afin de purifier son intérieur et le dévoiler totalement à Morrigane. Cette dernière se lève de son lit de repos et se penche un peu plus sur le cas de cette femme aux gestes précis, un rayon de soleil réchauffe son visage trempé. La fidèle se dirige maintenant vers l'autel, puis sort de sa panière un brûle-parfum en cuivre dans lequel des braises se consument calmement. Elle y jette une poignée de cheveux déballée d'un mouchoir de soie noire. Ne craignant point le ridicule, la femme d'un seigneur croasse devant la nymphe qui la regarde avec compassion.

La tentation est forte de voir de plus près la demande de cette donzelle qui l'appelle. Morrigane se dit finalement qu'une sortie en chair ne lui ferait pas de mal. Elle prend la forme qu'elle affectionne le plus et se pose non loin d'elle en l'observant avec attention.

La paume ensanglantée laisse le filet de sang rejoindre les braises qui grignotent les cheveux maintenant mêlés au sang. La voix de la femme s'élève alors qu'elle prie Morrigane dans un simple chuchotement où l'émotion est palpable « Grande Reine des Tuatha Dé Danann, écoute ma complainte pour sauver ton peuple de l'invasion des Barbares ayant oublié ton nom ! En cette lune noire, la guerre sera menée contre les envahisseurs souillant nos terres ! Inspire la folie et la peur dans leur rang en bénissant tes guerriers qui se battent pour que ta légende vive. De mon sang et de mon essence, je serais ta servante et mes héritiers seront tiens. Puisse ta clémence exaucer ma prière. »

Le tonnerre roule sur la plaine à la manière de milliers de tambours hantant les airs de leurs percussions martiales. Sur la fontaine, les serres du corbeau quitte le granit du porche d'entrée et frôle la tête de la femme qui rejoint ses mains sur son coeur en voyant le signe de Morrigane, sa prière a été entendue et maintenant sa vie, ses enfants doivent lui appartenir. L'oiseau de mauvais augure s'enfonce dans l'éther afin de régner sur cette lune qui sera rousse.

Les souffles forment une nappe vaporeuse au-dessus des têtes des hommes aux yeux rivés vers les troupes ennemies. La nuit est froide, étrange pour cette période de l'année qui se veut douce. Les doigts s'engourdissent rapidement sous les gantelets de fer. Il ne faut pas faiblir, sa vie est en jeu, il va falloir se battre jusqu'au dernier souffle. Pourtant, la peur s'immisce pernicieusement quand les cris des barbares redoublent de fureur. Leur nombre dépasse largement la leur et la promesse qu'ils offrent à bout de bras avec leur hache et leurs fléaux ne parait que trop vraie. Mais le Général ne faiblit pas sous le coup des émotions en proie au doute. Il hurle sa volonté guerrière à ses hommes qui serrent les mâchoires en fixant leur mort certaine avec froideur. Pourtant, leur estomac n'a jamais été aussi serré, peut-être est-ce là que se niche l'instinct de survie...

Le givre s'installe sur l'herbe recroquevillée, Morrigane marche vers son peuple. Son épée à la lame ondulée semble prendre le rythme de sa démarche chaloupée. Une cape de fourrure sombre couvre en partie ses épaules laiteuses, son vêtement lui sert plus d'apparat que pour la protéger du froid qui n'est d'autre qu'elle. Un collier formé d'une guirlande de petits crânes en argent orne la courbe de sa gorge découverte, son armure ne fait que mettre ses courbes en valeur. Elle est immortelle à quoi lui servait le barda des mortels ? Un brouillard suit son sillon parfumé alors qu'elle marche sur une ligne imaginaire séparant les deux armées. Les Barbares regardent cette femme isolée qui ne craint pas pour sa vie. Leurs rires gras expriment leurs pensées toutes masculines, Morrigane sourit en les percevant, car déjà, elle s'est immiscée dans leurs têtes et connaît leurs peurs les plus profondes. Sa colère sera dévastatrice ! La gaillardise s'estompe rapidement quand ils comprennent que c'est une diablesse qui hante la plaine. La sorcellerie ne pourrait pas expliquer le rideau de brume qu'elle a tiré devant eux. Ainsi, les légendes et les croyances des terres qu'ils veulent conquérir sont bien vivaces et terriblement réelles...

Les armes retombent piteusement le long de leurs jambes qui ressemblent à du coton, la déglutition est difficile, même le chef de la tribu a perdu de son assurance. Le brouillard commence à leur lécher les jambes, il s'enroule tels des boas pour les étouffer dans leurs angoisses. Un silence pesant les baigne dans leur frayeur qui déferle en vague. Morrigane savoure ce moment, de son souffle mutin, elle va caresser le cou de chacun de ces guerriers. Ils frissonnent sous cette brise étrange qui les glace jusqu'à l'échine et les paralyse. Leurs yeux révulsés cherchent dans la brume qui les entoure celle qui a osé leur chuchoter à l'oreille, celle qui a dit que leurs âmes seraient siennes. Les prises se resserrent si fort autour des armes que les doigts blanchissent. Morrigane choisit ce moment pour se faire artiste et dessiner dans la vapeur la terreur qui va les entretuer.

Les hurlements résonnent tout comme les armes qui s'entrechoquent de l'autre côté du rideau de brume. La confusion s'installe dans les rangs du Général dont la femme est venue prier Morrigane. Il ne voit plus cette apparition qui a noyé leurs adversaires dans des vapeurs angoissantes. Il lève les yeux vers la lune voilée pour demander la clémence des cieux. Quand il les repose sur l'horizon, Morrigane fait face aux guerriers, elle tient les rênes d'un étalon aussi noir que son apparence ombrageuse. Elle insuffle sa furie dans chacun des esprits en portant au vent un baiser déposé sur sa main. Un appel résonne dans chacun d'entre eux qui suffisent à les faire charger à sa suite quand elle donne un signal pourtant silencieux.
« Par delà les brumes, pour que vivent les légendes ! »

On raconte que la centaine de guerriers a réussi à terrasser les cinq cents hommes des Contrées du Nord. Le Chef Barbare a été épargné pour qu'il raconte à son peuple, qu'une femme a inspiré les guerriers en apportant la terreur chez ses hommes, et que son nom serait Morrigane. On dit aussi qu'elle a disparu mystérieusement après avoir franchi le brouillard qui s'est subitement levé dévoilant les barbares qui s'entretuaient. La défaite a été cuisante, et la mort a vite régné sur la plaine désolée. Plusieurs témoins racontent qu'un corbeau s'est posé sur l'épaule du Général quand il contemplait sa victoire, et qu'après plusieurs minutes l'oiseau s'est envolé vers la lune qui ce soir-là, était rousse.

On raconte aussi que la furie cherche maintenant à inspirer le souffle des Guerriers de la Reine Myrine pour que leur étendard flotte fièrement dans les airs pacifiés...Mais ce n'est que rumeur, car personne ne sait où elle se trouve, et pourtant sa présence ne fait aucun doute.


Morrigane

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La souillure 5

Ajouté le 29/7/2007

 

La pluie était froide et cinglante, elle formait un horrible contraste avec les gouttes chaudes du sang qui giclaient sur son visage. Sa Chemise lui collait à la peau et dégouttait du mélange céleste et funèbre sous l'orage qui noyait la peine et abreuvait la terre de mort. Kira tenait ses deux épées courtes dans chaque main au milieu d'une rixe, ses pieds nus s'enfonçaient dans la terre mâchée par les bottes en fer des soldats protégés d'une armure noire. Ses jambes nues portaient la marque de multiples estafilades visibles sous la boue qui maculait sa peau. Elle sentait ses muscles prêts à répondre, pourtant elle venait de franchir la frontière, tout n'était qu'illusion, mais les cris et les chocs des armes n'en avaient pas l'air ni le regard d'une novice qui s'embrumait sous l'agonie, elle la fixait dans une expression terrifiée mêlée d'incompréhension.

« Tout n'est qu'illusion »

Elle détourna son attention de la trépassée quand une femme blonde lui hurla de se défendre, son visage lui était si familier. Son sabre lançait des éclairs de fureur et foudroyait les corps qu'il transperçait. Elle était souple et puissante, elle dansait avec la mort, sa grâce était digne d'une fée. Elle reconnaissait son art guerrier pour l'avoir vu plusieurs fois en combat, Kira nota qu'elle n'était pas vêtue pour se battre tout comme les autres guerrières qui combattaient valeureusement.

« Tout n'est qu'illusion » Kira se répéta cette phrase.

Viviane la détailla une nouvelle fois entre deux parades, ses froncements de sourcils précédèrent un autre cri qui fut étouffé par le choc sourd d'un craquement de mâchoire. Ses oreilles sifflèrent, sa vision se fit trouble quand elle goûta à l'amertume du sol. Kira se laissa fondre dans cette autre réalité, l'illusion ne pouvait pas être si douloureuse. Dans un cri de fureur, elle pointa ses deux épées vers le soldat qui se précipita avec sa hache levée à bout de bras par l'achever. Avec souplesse, elle se redressa juste assez pour éviter le coup mortel et suffisamment pour infliger le sien. Ses lames étaient ensanglantées, elle ne pensait à rien sinon qu'à tuer ses envahisseurs. Elle était dans la sylve des amazones et revivait ce cauchemar au coeur de la clairière ouverte à tous les visiteurs, mais guère aux couards.

Les boulets enflammés et baignés d'huile formèrent un arc au-dessus des combattants, ils allèrent s'écraser au coeur de la forêt. La Princesse d'Olya suivit cette pluie de feu, leur course amena son regard à la lisière de la forêt où la silhouette fragile d'une fillette tétanisée se découpait. Elle tenait une épée en bois, mais la réalité du jeu de la guerre la submergeait de son horreur - ses larmes n'en étaient qu'un douloureux témoignage. Viviane cria à la Flora de fuir, de se cacher, la réaction fut immédiate et elle disparut parmi les arbres au lieu de se diriger vers la fontaine aux nymphes. Les ordres d'un nouveau lancé retentirent, en tête du commandement, une femme à la chair opulente hurlait avec jubilation avant que les catapultes ne lancent leurs jets, sa poitrine compressée dans son corset se soulevait rapidement sous l'excitation du moment. Elle ne la connaissait que trop bien, cette vision ne fit que renforcer la rage qui montait en Kira.

Les doigts boudinés de l'adversaire se levèrent encore une fois pour ordonner un nouveau lâché sur la sylve. Les arbres s'empourprèrent, le brasier crachait une fumée noire sans s'affaiblir. Le souvenir de Flora qui était parti se réfugier parmi les arbres la foudroya, ses épées tranchèrent, s'enfoncèrent dans les chairs, elles tracèrent le chemin de Kira vers la sylve. L'elfe ressentait le chaos et la douleur de la nature qui ne pouvait rien faire que de se laisser ronger par les flammes. Elle se laissa guider par ses sens, elle croisa les biches, les oiseaux et autres animaux pris de panique, ils prenaient la même direction, celle opposée aux brasiers. Kira courrait, sans se poser de questions. Elle savait que trop bien où s'était réfugiée Flora, la fillette la prenait pour exemple, elle avait quitté la cité du clan pour recevoir une éducation de novice.

Un boulet de feu s'écrasa non loin d'elle, le son qu'il diffusa, les gerbes d'étincelles qui giclèrent n'étaient qu'un bruit sourd dans sa concentration, elle ne prit pas la peine de se retourner dans sa course. Ses pieds nus effleuraient à peine le sol, mais lui donnait assez d’'impulsion pour être furtive, rapide et silencieuse. Sa chaumière se découpa enfin ; les flammes commençaient à lécher avec gourmandise l’écurie accolée à ses appartements. Luniell, son étalon noir, hennit et arriva en galopant vers la princesse elfe près à être chevauché pour sauver leurs vies. Son instinct était ce qu'il y avait de plus raisonnable, mais la porte entrouverte de l'habitation confirma le doute de Kira. Elle s'adressa en elfique à son destrier qui malgré sa frayeur attendit le retour de sa cavalière se précipitant à l'intérieur de l'habitation. Les poutres craquèrent, et la fumée s'infiltrait entre le torchis incandescent. Le tapis qui dissimulait la trappe était dégagé, Kira se jeta à genoux pour l'ouvrir. Elle ressentit une vague de soulagement quand de grands yeux noirs la dévisagèrent et qu'une petite main agrippa la sienne. Elle la tira vers elle sans mal, le petit corps chaud et tremblant s’'accrocha à celui de Kira. Ses larmes formaient des sillons blancs sur ses joues rebondies et maculées de suie. Sa voix de fillette déchira Kira : « Tu vas nous sauver, dis ? Qu'est-ce qu'ils nous veulent ? ». La Princesse d'Olya lui répondit en resserrant sa prise et en se munissant de son arc et d'un carquois.

Des voix d'hommes s'élevèrent au pas de la chaumière. Un cheval qui hennit, qui se cabre, des cris de victoire et des menaces attirent la guerrière. Luniell était maîtrisé par un lot de cordes lui serrant l'encolure. L'épuisement de la lutte et l'étranglement avait eu raison de l'étalon allongé sur le flanc. Les hommes gardaient leur prise serrée. De la bave sortait de sa bouche, il tenta un ultime effort pour se redresser quand il vit sa cavalière, mais une nouvelle pression le ramena durement au sol.

-Lâchez-le ou je vous transperce de ses flèches!!

 

Kira maintenait son arc bandé, Flora était près d'elle et pleurait sans discontinuer. Cela nourrissait davantage la fureur de l'amazone. Des rires gras répondirent à son injonction, la silhouette disgracieuse de la femme se dessina derrière eux, elle avait toujours ce teint cadavérique qui lui donnait l'impression d'être continuellement malade. Sa bouche se déforma sous le plaisir de la situation « J'ai toujours rêvé d'avoir un étalon noir, particulièrement le tien, guerrière de pacotille. Une si belle monture pour une si piètre cavalière c’'est du gâchis, demande à ton amant comment je le chevauche ! Il en redemande. »

Une flèche transperça les airs pour se loger dans le crâne d'un soldat qui tomba lourdement. Elle profita de la surprise pour se lancer vers les cinq hommes hébétés, un autre tomba aussitôt sous les coups mortels de ses doubles épées. L'étalon libéré se redressa et galopa pour se mettre hors de danger, un cri perçant de furie s'éleva aussitôt. Une pluie d'injures accompagna celles des étincelles soulevées par l'effondrement de l'habitation de Kira. En un regard, elle vit Flora s'abriter derrière un rocher, puis Viviane qui accourrait et sabrait déjà les entrailles d’'un troisième homme.

 

« CESSSEEEEZ ………ou je la tue ! »

 

La réaction fut immédiate, l'amazone lâcha ses épées, sa gorge se resserra. Elle avait l'impression de sentir la morsure glacée de la lame de la dague contre sa peau. Mais c'était sur celle de Flora que l'ennemie l'avait consciencieusement placée. Viviane hésita en voulant se précipiter sur la catin des dirigeants puis déposa son sabre en foudroyant du regard la femme engraissée dans sa jalousie.

« Kira…Viviane… » Des sanglots secouèrent davantage Flora

 

Les deux derniers soldats à l'armure noire s'emparèrent rapidement des armes et pointèrent leurs lances vers les deux guerrières. Kira fit un pas :

« Je me rends, dis à tes hommes d'arrêter le combat et laisse la vie sauve aux novices »

Un rire aigre secoua sa graisse

« Depuis quand je reçois tes ordres, tu aurais dû réfléchir à deux fois quand je suis venue ici la première fois et ne pas être si sûre de toi avec ton royaume maintenant en feu, et tes morts en guise de compagnes d'armes. Les Amazones n'iront plus au bois ! Ha ha ha »

Viviane ne disait rien, mais son expression traduisait sa pensée.

« Je voulais ton étalon, Kira ! Je prendrai donc cette vie ! »

 

Un hurlement de fureur explosa dans la sylve, c'était celui de Viviane quand le corps de Flora tomba au sol en tressaillant encore sous la douleur de cette mort. Sa vie s'échappait de cette plaie béante. Kira ne put émettre un son, ses yeux étaient plus que lumineux à travers ses larmes, la magie d'Olya et toute sa fureur ressortait de ses pores. Les deux soldats perdirent leur lance avant de s'en rendre compte tout comme leurs vies. Elle en jeta une à Viviane qui venait d'administrer un violent coup de poing à l'ennemie qui dégagea la hache attachée à ses hanches opulentes. Sa force brute ressortait sans grâce dans les parades défensives, les deux amazones jouaient avec elle, les pointes piquaient sa chair juste pour qu'elle goûte à la douleur. Elle fut rapidement acculée contre un brasier.

« -Tu as le choix de ta mort, garce ! »

Viviane avait craché ces mots sans la quitter des yeux. Kira trouva cela encore trop doux, elle voulait sentir la mort la gagner et que son visage tant haï de la part de la catin l'accompagne dans l'autre monde. Elle lâcha sa lance et plongea sur ce corps engraissé, elle perdit sa hache dans sa chute et se retrouva prisonnière de la prise de Kira qui fermait maintenant ses doigts contre son cou. La chaleur des flammes lui brûlait le visage, mais cela n'avait aucune importance, elle avait oublié la douleur avec la mort de Flora qui lui avait demandé de les sauver.

« Tout n'est qu'illusion… »

 

Viviane avait prononcé ces mots avec calme, une arche lumineuse et blanche apparut à travers la fumée. Kira détourna son attention pour regarder sa compagne d'armes avec stupeur. Encore un peu, juste un peu, et elle mourra par ses mains.

« Tout n'est qu'illusion, tu es ce que tu es, tu es noble face à sa vilenie, tu es victorieuse même avant ce combat. »

 

L'arche perdit peu à peu de sa grandeur, la Princesse d'Olya tout en resserrant sa prise regarda les flammes, les corps sans vie de Flora. Elle chuchota pour elle-même en dévisageant la Catin aux yeux exorbités

« Tout n'est qu'illusion »

 

A contrecoeur, elle desserra ses doigts blanchis sous la pression, la femme toussa et ria en même temps, La Princesse d'Olya se leva avec les larmes de la fureur lui brouillant la vision avant de se jeter à travers l’'arche se refermant juste derrière elle.

 

La cascade grondait. Son écho apaisant inondait la grotte qu'elle protégeait de son rideau d'eau, des gouttelettes rafraîchirent Kira en la ramenant doucement à la réalité, elle tomba à genoux et se lova contre sa détresse. Elle était nue, mais elle gardait les estafilades du combat, tout comme l'immense tristesse et colère qui continuèrent de la secouer.

« Vous êtes ce que vous êtes Princesse d'Olya, poursuivez-vous l'initiation des Arches ?» La voix du Grand Sage n'était pas douce.

 

Kira serra les poings et ravala sa peine en maîtrisant les tremblements de son corps. Elle se releva et fixa un point qu'elle ne voyait pas vraiment. Elle répondit avec un timbre glacé :

-Les Arches tracent mon chemin, j'accepte mon voyage.



 

 

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